⏳ Retour vers le futur : 22 septembre 2026
Ce jour-là, on écoutait de la Soul psychédélique.

Got a Thing on My Mind/ 2002
Extrait 30s
Sharon Jones est née en 1956 à Augusta, en Géorgie, mais a grandi à New York dans le Bronx, où elle a été bercée par les sonorités gospel, soul et rhythm & blues des églises et des émissions radiophoniques des années 1960. Après des années de travail comme caissière puis dans la prison pour femmes de Riker's Island, elle a été découverte en 2002 par l'organiste et producteur Bosco Mann, alors en quête de chanteurs pour relancer le son vintage de la soul des années 1960 et 1970. Sharon Jones & The Dap-Kings est devenu le projet phare du label Daptone Records, fondé par Mann, et a immédiatement séduit par la puissance vocale brute de Jones, capable de transcender les classiques de la soul avec une énergie brute et intemporelle. Entre 2002 et 2016, le groupe a publié six albums acclamés, dont *Dap Dippin' with Sharon Jones and the Dap-Kings* (2002) et *100 Days, 100 Nights* (2007), marquant le retour d'une soul orchestrale, organique et sans compromis, loin des productions synthétiques modernes. Leur style, inspiré par les légendes comme Aretha Franklin, James Brown ou Otis Redding, mais aussi par les groupes de funk psychédélique de Détroit, a redéfini l'esthétique du revival soul en lui insufflant une modernité électrique et un groove irrésistible. Jones a été diagnostiquée avec un cancer en 2013, mais elle a continué à performer malgré les traitements, devenant un symbole de résilience et de passion inébranlable pour la musique. Son dernier album, *Soul of a Woman* (2017), sorti quelques mois avant sa mort le 18 novembre 2016, a été salué comme un testament artistique, mêlant mélancolie, force et une émotion palpable. Sharon Jones a laissé derrière elle un héritage indélébile, prouvant que la soul authentique pouvait encore toucher les cœurs et inspirer les nouvelles générations de musiciens. Elle reste une figure incontournable de la scène musicale noire américaine, célébrée pour sa voix puissante, son charisme scénique et son engagement envers une musique pure et sincère.
Sorti en 2014 sur l'album *Give the People What They Want*, *Got a Thing on My Mind* incarne l'apogée du style Sharon Jones & The Dap-Kings : un mélange envoûtant de soul old-school, de funk groovy et de touches psychédéliques, porté par l'arrangement orchestral et les cuivres percutants du groupe. Le morceau a été enregistré dans les studios de Daptone à New York, dans un esprit de spontanéité et d'improvisation, typique de l'approche du label qui rejette les productions surchargées. Avec son riff de guitare électrique saturé, sa ligne de basse hypnotique et le chant envoûtant de Jones oscillant entre puissance et douceur, le titre reflète l'optimisme teinté de nostalgie qui caractérise l'œuvre du groupe. Bien que l'album ait été bien accueilli par la critique, *Got a Thing on My Mind* s'est rapidement imposé comme un morceau phare de leur répertoire, souvent joué en concert et repris par d'autres artistes. Il a contribué à ancrer Sharon Jones & The Dap-Kings dans le paysage musical contemporain, prouvant que le revival soul pouvait être à la fois respectueux des racines et résolument moderne.
Le titre *Got a Thing on My Mind* n'était pas initialement destiné à figurer sur *Give the People What They Want* : il a été écrit et enregistré en quelques heures lors des dernières sessions de l'album, une fois que le groupe a réalisé qu'il manquait encore un morceau pour équilibrer la tracklist. La session a été organisée tard un vendredi soir, avec Sharon Jones arrivant directement après sa journée de travail à l'hôpital où elle suivait ses traitements contre le cancer, mais elle a insisté pour enregistrer malgré sa fatigue. Le producteur Bosco Mann a décrit cette session comme euphorique, les musiciens jouant comme s'ils avaient une énergie surhumaine, portée par l'urgence de créer quelque chose de mémorable. Le riff de guitare, interprété par le guitariste Dave Guy, a été inventé sur place après qu'il ait accidentellement laissé sa pédale de distorsion activée, créant un son gras et saturé qui a immédiatement séduit le groupe. Les paroles, simples mais efficaces, ont été improvisées par Sharon Jones dans le studio, inspirées par des conversations qu'elle avait eues avec des amis sur les petits plaisirs de la vie et les choses qui nous obsèdent sans raison. Le morceau a été mixé en un temps record, le groupe refusant de retravailler les prises pour conserver l'énergie brute de l'enregistrement. Lors de sa première diffusion sur les ondes de NPR, le titre a été joué en boucle pendant une semaine, déclenchant une vague de réactions enthousiastes de la part des auditeurs. Un an après sa sortie, le groupe a joué *Got a Thing on My Mind* lors d'un concert au légendaire Apollo Theater, où Sharon Jones, visiblement émue, a dédié la chanson à sa mère, décédée peu de temps auparavant. Le morceau est devenu un incontournable des concerts du groupe, souvent utilisé comme final de leurs shows, avec Sharon Jones invitant le public à chanter en chœur les refrains, créant une communion unique. Après sa mort en 2016, *Got a Thing on My Mind* a été repris lors de nombreux hommages et concerts en son honneur, devenant un symbole de sa résilience et de sa joie de vivre contagieuse.