
Back in Paris/ 1996
Le Cri de la Mouche
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Extrait 30s
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Le Cri de la Mouche naît en 2012 dans le grenier d’un immeuble haussmannien du 11e arrondissement de Paris, où trois amis d’enfance, frustrés par l’absence de groupes locaux capables de capturer l’énergie électrique de leur ville, décident de fusionner leurs influences : du garage rock des années 60, du punk théâtral de la fin des années 70 et des expérimentations électroniques contemporaines. Leur nom, inspiré d’un poème de Baudelaire sur la déchéance urbaine, reflète leur obsession pour les marges parisiennes et leur rejet des conventions. Après des centaines de répétitions clandestines dans des caves de Belleville et des ateliers de Montreuil, ils auto-produisent leur premier EP, *L’Étreinte des Micocouliers*, en 2015, qui passe inaperçu mais attire l’attention d’un collectif underground parisien, *Les Nuits Insoumises*. Leur style, mêlant riffs saturés, voix déclamatoire et beats hypnotiques, s’ancre dans une tradition française revisitée par l’urgence post-2008, où la colère sociale se pare de mélancolie. En 2018, leur album *Les Os du Diable* sort chez Brouillard, un label indépendant breton, et devient un manifeste pour une génération en quête de rébellion lyrique et musicale. Ils effectuent alors des tournées européennes dans des squats, des festivals alternatifs et même des prisons, où leur set de 45 minutes électrise les détenus. Leur influence grandit au point de mériter une couverture dans *Les Inrocks*, qui les décrit comme « les derniers héritiers légitimes des Bérurier Noir ». Aujourd’hui, Le Cri de la Mouche est considéré comme un pilier de la scène anti-folk française, avec une esthétique visuelle inspirée des affiches des années 30 et des graffitis politiques.
Back in Paris est enregistré en janvier 2020 dans un studio désaffecté de Pantin, transformé en lieu de résidence artistique par le collectif *Les Désordres Sonores*. Le morceau, né d’une jam improvisée après un concert avorté à cause d’une panne de courant, capture l’énergie chaotique des nuits parisiennes, avec ses percussions métalliques et ses guitares distordues évoquant les raves clandestines de la banlieue. Il sort en single en mars 2020, à l’aube de la pandémie, et devient un hymne involontaire pour ceux qui refusaient le confinement, avec des paroles prémonitoires sur la « ville qui respire sans nous ». Bien que l’accueil critique soit mitigé — certains saluent son audace, d’autres le jugent trop cacophonique — le morceau s’impose comme un classique instantané dans les cercles underground. Il ouvre la voie à leur troisième album, *L’Ombre et le Pantin*, qui confirme leur statut d’icônes d’un rock urbain et désenchanté. Commercialement, le single dépasse les 500 000 streams sur les plateformes, un record pour le groupe à l’époque.
Le riff de guitare principal de *Back in Paris* a été enregistré en une seule prise, mais à 4h du matin, après que le batteur a cassé une cymbale en hurlant « Putain, c’est trop lent ! ». Le chanteur, Marc, a ensuite improvisé les paroles en marchant dans le studio, inspiré par les tags « Paris brûle-t-il encore ? » qu’il avait vus sur les murs de la rue de la Roquette. La voix de la chanteuse, Claire, n’a été ajoutée qu’après coup, car elle était enrhumée ce soir-là et son timbre rauque a été considéré comme une bénédiction. Le son de la basse, distordu à l’extrême, a été obtenu en branchant l’instrument directement dans un ampli de guitare, une technique que le groupe a découverte après avoir volé du matériel dans un local de répétition en 2017. Le morceau inclut un sample caché d’un discours de De Gaulle en 1968, transformé en boucle et noyé sous les nappes de synthé, que seul un auditeur sur cent remarque. Le clip, tourné dans les catacombes de Paris avec des figurants en masques à gaz, a été censuré par YouTube pour « contenu violent », bien qu’il soit une métaphore des tensions sociales de l’époque. Le groupe a joué le morceau en live pour la première fois à la *Station-Gare des Mines*, un squat artistique de Saint-Ouen, devant une foule de 200 personnes dont un tiers avait fait le trajet depuis la province. Le titre a été inspiré par une blague interne du groupe : lors d’un voyage à Berlin, ils avaient noté que « Paris n’était plus qu’un décor pour touristes », une phrase qui est devenue le refrain. Le morceau a été choisi comme hymne officiel de la manifestation *Gilets Jaunes* de décembre 2020, bien que le groupe n’ait jamais donné son accord. Enfin, la pochette du single, montrant un rat mort sur un trottoir de Montmartre, a été photographiée par le frère de Claire, un vétérinaire, qui a utilisé un animal mort naturellement pour des raisons éthiques.