Auris

← Auris
RockRock alternatif🎵 Morceau
Retour vers le futur : 24 juillet 2026
Fiction Plane - Push Me Around (Radio Edit)

Push Me Around (Radio Edit)/ 2010

Fiction Plane

Extrait 30s

Écouter sur

À propos

Fiction Plane émerge en 2005 des cendres du Londres post-Britpop, porté par le chanteur et bassiste Joe Sumner, fils du légendaire Sting, bien que le groupe ait toujours refusé de capitaliser sur ce lien familial. Formé initialement sous le nom de Santa's Boyfriend, le trio adopte rapidement une identité plus mature, mêlant énergie rock brute et mélodies pop sophistiquées, inspirées par des géants comme Radiohead ou The Police. Leur premier album, *Everything Will Never Be OK* (2007), les propulse sur la scène internationale grâce à des titres comme *Two Sisters*, salués pour leur équilibre entre introspection et puissance rythmique. Sumner, souvent comparé à son père pour sa voix chaude et son jeu de basse hypnotique, impose néanmoins un style distinct, marqué par des textes plus sombres et une approche moins policée du rock. Le groupe se distingue aussi par ses performances live électrisantes, où la virtuosité de Seton Daunt à la guitare et la précision de Pete Wilhoit à la batterie transforment chaque concert en une expérience cathartique. Après une pause en 2010, Fiction Plane revient en 2015 avec *Mondo Lumina*, un album plus expérimental, explorant des sonorités électroniques et des influences world, prouvant leur capacité à évoluer sans renier leurs racines. Leur musique, souvent utilisée dans des bandes originales de séries ou de films, a touché un public fidèle, notamment aux États-Unis où ils ont tourné avec des groupes comme 30 Seconds to Mars. Aujourd’hui, Fiction Plane reste un exemple rare de groupe ayant su concilier héritage familial et identité artistique propre, sans jamais tomber dans l’ombre de ses influences.

Sorti en 2009 comme single extrait de l’album *Sparks*, *Push Me Around (Radio Edit)* incarne l’apogée du son Fiction Plane : un mélange de rock mélodique et de pop accessible, teinté de nuances post-grunge. À l’époque, le groupe cherchait à se détacher de l’étiquette « fils de Sting » en misant sur des riffs plus agressifs et des paroles plus directes, reflétant une frustration générationnelle palpable. Le morceau, avec ses guitares saturées et son refrain accrocheur, s’inscrit dans une période où le rock alternatif dominait encore les ondes, avant l’essor des sonorités électro. Bien que *Sparks* n’ait pas connu le même succès que leur premier opus, *Push Me Around* est devenu un incontournable de leurs lives, souvent cité par les fans pour son énergie contagieuse. La critique a salué sa production soignée et son équilibre entre rage et mélancolie, même si certains y ont vu un manque d’audace par rapport à leurs expérimentations ultérieures. Le titre a marqué un tournant dans leur carrière, confirmant leur statut de groupe culte plutôt que de phénomène commercial.

Lors de l’enregistrement de *Push Me Around*, Joe Sumner a insisté pour enregistrer sa partie de basse en une seule prise, malgré les protestations de l’ingénieur du son, afin de conserver l’énergie brute du morceau. Le riff de guitare, composé par Seton Daunt, aurait été inspiré par un rêve où il jouait sur une scène géante, entouré de lumières bleutées. Le clip du morceau, tourné dans un entrepôt abandonné de Londres, met en scène le groupe jouant devant un public de mannequins, une idée de Sumner pour symboliser l’isolement des artistes face aux attentes du public. La version « Radio Edit » a été créée en urgence après que les radios américaines aient demandé une version plus courte, amputant le solo de guitare original, ce qui a provoqué la colère de Daunt. Pendant les sessions, le groupe a écouté en boucle *Paranoid Android* de Radiohead pour se motiver, une influence audible dans les changements de dynamique du morceau. Une version acoustique, enregistrée lors d’une session pour BBC Radio 1, a tellement plu aux fans qu’elle a été intégrée à certaines éditions limitées de l’album. Les paroles, écrites par Sumner après une rupture douloureuse, contiennent une référence voilée à une chanson de The Police, un clin d’œil que seul son père a remarqué lors d’une écoute privée. Lors d’un concert à Paris en 2010, le groupe a improvisé une reprise de *Message in a Bottle* en plein milieu de *Push Me Around*, provoquant une standing ovation du public. Le morceau a failli ne jamais voir le jour : le producteur initial du groupe avait rejeté la démo, la jugeant « trop pop », avant que Fiction Plane ne la retravaille en secret. Aujourd’hui, *Push Me Around* reste le titre le plus streamé du groupe sur les plateformes, un paradoxe pour un morceau initialement boudé par les maisons de disques.