
Young Lust/ 1979
Pink Floyd
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Extrait 30s
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Pink Floyd émerge en 1965 dans le Londres psychédélique, porté par le génie visionnaire de Syd Barrett, dont les expérimentations sonores et les textes oniriques définissent les premiers albums du groupe. Après le départ de Barrett, rongé par la maladie mentale, Roger Waters, David Gilmour et Nick Mason recentrent le projet autour de concepts ambitieux, mêlant rock progressif, effets sonores innovants et thèmes universels comme la folie, le temps ou la société de consommation. *The Dark Side of the Moon* (1973) et *Wish You Were Here* (1975) deviennent des monuments culturels, vendus à des dizaines de millions d'exemplaires, tandis que leurs concerts se transforment en spectacles multimédias avant-gardistes. Le groupe incarne l'esprit contestataire des années 1970, critiquant ouvertement le capitalisme et l'autorité, notamment dans *Animals* (1977), album inspiré par *La Ferme des animaux* d'Orwell. Leur musique, à la fois complexe et accessible, influence des générations de musiciens, du punk au post-rock, en passant par l'électronique. *The Wall* (1979), double album conceptuel sur l'isolement et la rébellion, marque l'apogée de la domination de Waters, avant que des tensions internes ne mènent à des décennies de querelles juridiques. Malgré les séparations et les réunions éphémères, Pink Floyd reste un symbole de créativité sans limites, avec des ventes dépassant les 250 millions de disques dans le monde. Leur héritage réside autant dans leur audace artistique que dans leur capacité à capturer les angoisses et les espoirs de leur époque.
« Young Lust » apparaît sur *The Wall* (1979), album conceptuel explorant les thèmes de l'aliénation et de la déshumanisation, inspiré par les expériences traumatisantes de Roger Waters, notamment son enfance marquée par la mort de son père pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce morceau, l'un des rares du disque à adopter un ton résolument rock et direct, contraste avec les atmosphères plus sombres et introspectives de l'album, illustrant la dualité entre pulsions charnelles et isolement psychologique. Avec ses riffs saturés et son solo de guitare incisif de David Gilmour, « Young Lust » incarne le son hard rock des années 1970, tout en intégrant des éléments de glam rock, reflétant l'influence de groupes comme The Rolling Stones. Bien que *The Wall* ait été accueilli avec des critiques mitigées à sa sortie, le morceau est rapidement devenu un moment fort des concerts, notamment lors de la tournée de 1980-1981, où il était interprété avec une énergie brute. Aujourd'hui, « Young Lust » est souvent cité comme l'un des titres les plus accessibles de l'album, servant de porte d'entrée pour les nouveaux auditeurs tout en restant un favori des fans. Son inclusion dans des compilations et sa reprise par divers artistes témoignent de son statut de classique intemporel du rock.
Lors de l'enregistrement de « Young Lust », David Gilmour a enregistré son solo de guitare en une seule prise, impressionnant l'équipe technique par sa précision et son feeling, malgré les tensions croissantes au sein du groupe. Roger Waters, principal architecte de *The Wall*, a initialement écrit les paroles en s'inspirant de ses propres expériences de tournées, où il observait les excès et l'hypocrisie du milieu rock, notamment les groupies et les comportements autodestructeurs. Le morceau inclut un dialogue téléphonique enregistré en direct avec une opératrice américaine, ajoutant une touche de réalisme et d'humour noir à la narration de l'album. Cette scène, où le personnage de Pink tente de joindre sa femme infidèle, a été improvisée en studio, avec Waters jouant le rôle du mari trompé. Lors des concerts de *The Wall*, « Young Lust » était souvent précédé d'une séquence où un roadie déguisé en groupie montait sur scène, renforçant l'aspect théâtral et provocateur du spectacle. Le solo de Gilmour a été classé parmi les meilleurs de l'histoire du rock par plusieurs magazines, dont *Rolling Stone*, qui l'a placé en 62e position de son classement des « 100 plus grands solos de guitare ». Une version live de « Young Lust », enregistrée lors du concert de Berlin en 1990, a été interprétée par Gilmour et des musiciens invités, dont Bryan Adams, marquant l'un des rares moments où le morceau a été joué sans Waters. Les paroles « *I need a dirty woman* » ont suscité des controverses à la sortie de l'album, certains critiques y voyant une misogynie assumée, tandis que Waters défendait une lecture plus nuancée, liée à la critique des stéréotypes masculins. Le riff principal de « Young Lust » a été comparé à celui de « Communication Breakdown » de Led Zeppelin, bien que Gilmour ait toujours nié toute influence directe, soulignant plutôt l'héritage du blues rock. Enfin, le morceau a été utilisé dans des bandes-originales de films et séries, comme *The Sopranos*, où il illustre des scènes de tension sexuelle et de trahison, prouvant sa pertinence narrative au-delà de l'album original.