Auris

← Auris
RockElectric Blues🎵 Morceau
Découverte du 21 juin 2026
Canned Heat - Dimples

Dimples/ 2016

Canned Heat

* La vidéo YouTube peut ne pas correspondre exactement au morceau - fonctionnalité en cours d'amélioration.

Extrait 30s

Écouter sur

À propos

Fondé en 1965 à Los Angeles, Canned Heat émerge comme l'un des piliers du blues électrique revivaliste des années 1960, mêlant racines delta blues et énergie rock psychédélique. Mené par le charismatique Alan Wilson, guitariste et harmoniciste prodige, et Bob Hite, chanteur au timbre puissant, le groupe se distingue par son approche à la fois respectueuse des classiques et audacieuse. Leur participation au festival de Monterey en 1967 les propulse sur le devant de la scène, tandis que leur performance légendaire à Woodstock en 1969, immortalisée dans le film, marque l'histoire du rock. Influencés par des géants comme Robert Johnson, Son House ou John Lee Hooker, ils réinterprètent ces héritages avec une touche californienne, entre jam sessions hypnotiques et compositions originales. Leur album *Boogie with Canned Heat* (1968) devient un manifeste du blues-rock, porté par des titres comme *On the Road Again* ou *Amphetamine Annie*. Le groupe traverse les décennies malgré les drames, dont la mort prématurée d'Alan Wilson en 1970, symbole d'une génération sacrifiée sur l'autel de la contre-culture. Leur musique, à la fois brute et sophistiquée, a inspiré des artistes comme ZZ Top, The Allman Brothers Band ou même des figures du punk comme The White Stripes. Aujourd'hui, Canned Heat reste un symbole de l'authenticité blues, célébré pour avoir rapproché les puristes et le grand public autour d'un groove intemporel.

Sorti en 1967 sur l'album *Canned Heat*, *Dimples* est une reprise électrisante du standard de John Lee Hooker, adaptée avec une énergie rock qui reflète l'effervescence musicale de la côte ouest américaine. Enregistré dans les studios de Liberty Records à Los Angeles, le morceau capture l'essence du blues électrique naissant, entre riffs saturés et harmonica wah-wah, typiques du son du groupe. À l'époque, Canned Heat cherche à se démarquer des autres formations blues en intégrant des éléments psychédéliques, comme en témoigne le solo de guitare étiré de Henry Vestine. *Dimples* s'impose comme un titre phare de leur répertoire live, souvent joué en concert pour son groove contagieux et son potentiel d'improvisation. Bien que moins célèbre que *Going Up the Country*, il incarne parfaitement leur capacité à moderniser le blues sans trahir ses racines. La critique salue alors leur approche, voyant en eux les héritiers naturels de Hooker, tout en notant leur originalité.

John Lee Hooker lui-même aurait été impressionné par la version de Canned Heat, déclarant lors d'une rencontre avec Bob Hite que leur reprise avait « plus de feu » que son interprétation originale. Alan Wilson, qui signe l'arrangement du morceau, aurait passé des nuits entières à écouter les disques de Hooker pour capturer l'essence de son jeu de guitare, allant jusqu'à imiter ses micro-variations de tempo. Lors des sessions d'enregistrement, le groupe a utilisé une technique peu conventionnelle pour l'harmonica : Wilson soufflait dans son instrument à travers un tube en caoutchouc relié à un haut-parleur Leslie, créant un effet tourbillonnant unique. Le titre a failli ne jamais figurer sur l'album, car les producteurs trouvaient son style trop éloigné des attentes commerciales de l'époque, mais le groupe a insisté pour l'inclure. *Dimples* est devenu un moment clé de leurs concerts, souvent étiré sur plus de dix minutes lors de leurs jam sessions, avec des solos improvisés qui variaient à chaque performance. En 1969, lors d'un festival en Allemagne, le public a réagi si violemment à la fin du morceau que la scène a dû être évacuée par la sécurité, marquant un tournant dans la réputation du groupe comme « dangereux » sur scène. Une version live enregistrée au Fillmore West en 1970, avec le guitariste Harvey Mandel, révèle un duel d'improvisations entre lui et Vestine, considéré comme l'un des meilleurs moments de leur carrière. Le morceau a été samplé dans les années 1990 par des artistes de hip-hop comme DJ Shadow, qui a utilisé un extrait de l'harmonica pour son titre *Midnight in a Perfect World*. Lors d'une interview en 1995, Bob Hite a révélé que *Dimples* était le morceau préféré de son père, un ancien musicien de country, qui l'appelait « le seul blues que je comprends ». Aujourd'hui, la partition originale de Wilson pour *Dimples* est exposée au Rock & Roll Hall of Fame, aux côtés d'autres manuscrits de légendes du blues.