⏳ Retour vers le futur : 23 octobre 2026
Ce jour-là, on écoutait de la Folk nu.

Le courrier de l'aéropostale/ 2024
Extrait 30s
Né en 1982 à Lyon dans une famille d’artisans, Christophe Julien baigne dès l’enfance dans un univers mêlant musique traditionnelle et récits populaires. Autodidacte, il se forme à la guitare classique et au chant en s’inspirant des troubadours médiévaux, tout en dévorant la poésie de Baudelaire et les nouvelles de Maupassant. En 2005, il auto-produit son premier album, *Les Voiles du Temps*, qui passe inaperçu faute de distribution, mais lui vaut une réputation locale comme artisan des mots et des mélodies. C’est en 2010 avec *Chants des Marées*, un album conceptuel sur les légendes maritimes bretonnes, qu’il se fait remarquer par la critique pour son approche minimaliste et son lyrisme sombre. Influencé par les chansons de geste, Georges Brassens et Nick Drake, il développe un style où l’intimité du folk se mêle à une narration épique, souvent teintée de mélancolie existentialiste. Son troisième album, *L’Ombre et l’Encens* (2015), salué par les médias spécialisés, explore les thèmes de l’exil et de la quête avec une instrumentation réduite à l’essentiel : guitare, violoncelle et percussions corporelles. En 2018, il rend hommage à son père, pilote amateur, avec un cycle de chansons autour de l’aéropostal, dont *Le Courrier de l’Aéropostale*, qui devient un emblème de son œuvre. Reconnu comme l’un des porteurs contemporains du folk français, il collabore avec des artistes comme Bernard Lavilliers ou Tryo, tout en refusant les circuits commerciaux traditionnels. Aujourd’hui, il vit entre les Cévennes et Paris, où il anime des ateliers d’écriture pour des détenus, prolongeant son engagement pour une musique comme acte de résistance et de transmission.
Composé en 2017 lors d’un séjour dans les Landes, *Le Courrier de l’Aéropostale* s’inscrit dans un projet plus large autour des pionniers de l’aviation et de leurs lettres perdues. Enregistré dans un studio troglodytique du Périgord avec seulement trois musiciens, le morceau se distingue par son atmosphère cinématographique, mêlant la guitare folk à des boucles de souffles simulant des moteurs d’avion. À sa sortie en 2018 sur l’EP *Lignes d’Écriture*, il est salué par *Les Inrocks* pour sa « poésie mécanique » et son mélange de réalisme historique et de rêve. Bien que modeste en ventes (moins de 5 000 exemplaires), le titre gagne une audience underground grâce aux réseaux sociaux, où ses fans le comparent à des bandes originales de films muets. Christophe Julien en fait ensuite l’un des morceaux phares de ses concerts, souvent accompagné d’une lecture de textes de Saint-Exupéry. Ce morceau marque un tournant dans sa carrière, lui permettant de sortir de l’anonymat des festivals folk pour toucher un public plus large, sans pour autant trahir son exigence artistique.
Le morceau est né d’une visite aux archives des PTT à Toulouse, où Christophe Julien a découvert des sacs postaux posés sur un bureau depuis 1930, encore remplis de lettres jaunies par le temps. Pour recréer le bruit des avions de l’Aéropostale, il a enregistré les sons d’un vieux ventilateur de plafond dans un grenier et les a superposés aux prises de guitare, créant une texture sonore unique. Les paroles, écrites en une nuit, s’inspirent d’une lettre réelle de Jean Mermoz à sa femme, dont il a pu consulter la copie aux Archives nationales. Lors des sessions, le violoncelle était joué par une musicienne argentine, Clara Fernandez, qui avait fui la dictature et trouvé refuge en France dans les années 1980 – un hasard qui a renforcé le thème de l’exil du morceau. Christophe Julien a refusé de changer le titre malgré les demandes de son label, arguant que « l’aéropostal » était un mot trop technique pour le grand public, mais que sa sonorité évoquait justement l’aventure. Le clip, tourné en noir et blanc avec un budget de 800 euros, a été réalisé par un ancien pilote de ligne reconverti dans le cinéma, qui a utilisé des images d’archives de l’Aéropostale en les colorisant à la main. À sa sortie, le morceau a été repris par le groupe Tryo lors d’un concert acoustique à Montpellier, sans l’autorisation de Christophe Julien, qui a finalement apprécié cette version et invité le groupe à collaborer sur scène. Un fan du morceau, pilote amateur, a offert à Christophe Julien une réplique miniature d’un avion Latécoère 25 pour son anniversaire, qu’il garde sur son bureau. Lors d’un festival à La Rochelle, un spectateur a pleuré après le concert en lui avouant que le morceau lui rappelait son grand-père, ancien mécanicien à l’Aéropostale. En 2022, une version instrumentale du morceau a été utilisée dans un documentaire sur les femmes pilotes des années 1930, sans que Christophe Julien en soit informé au préalable – il a depuis autorisé cette utilisation.