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Édition du 24 octobre

Aujourd’hui, on écoute du Thrash Metal.

Metal🎵 Morceau
Kreator - Phobia

Phobia/ 2006

Kreator

Extrait 30s

À propos

Fondé en 1982 à Essen, en Allemagne, Kreator est l'un des pionniers incontestés du thrash metal, un genre qui a émergé des cendres du NWOBHM et du punk hardcore pour donner naissance à une scène metal radicale et technique. Le groupe, mené par la voix gutturale et la guitare survoltée de Mille Petrozza, a rapidement imposé sa marque avec des albums comme *Pleasure to Kill* (1986) et *Terrible Certainty* (1987), considérés comme des classiques du mouvement aux côtés de Metallica ou Slayer. Influencé par des groupes comme Venom, Motörhead ou Black Sabbath, Kreator a fusionné riffs percutants, tempo effrénés et textes engagés, souvent teintés d'anti-militarisme et de critique sociale, reflétant l'urgence politique de l'Allemagne post-RDA. Leur son, à la fois brut et sophistiqué, a inspiré des générations de musiciens, du death metal au groove metal, faisant d'eux une référence absolue pour les puristes comme pour les modernes. Malgré des changements de lineup au fil des décennies, Mille Petrozza est resté le fil conducteur, maintenant une cohérence stylistique tout en évoluant avec des albums comme *Coma of Souls* (1990) ou *Endorama* (1999), qui ont exploré des sonorités plus mélodiques ou expérimentales. Kreator a aussi marqué l'histoire en étant l'un des rares groupes de thrash metal à percer aux États-Unis sans jamais signer avec un label américain dominant, prouvant leur résilience dans un marché dominé par les géants. Leur influence s'étend bien au-delà du metal, avec des hommages de la part de groupes comme System of a Down ou Ghost, qui reprennent leurs classiques en concert. Aujourd'hui, à plus de quarante ans de carrière, Kreator reste une légende vivante, régulièrement en tournée mondiale et célébré comme l'un des piliers fondateurs d'un genre qui a redéfini la musique extrême. Leur héritage se mesure autant à leur discographie qu'à leur capacité à fédérer des fans de toutes générations, du metal old school aux nouvelles scènes underground.

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Phobia est extrait de l'album *Phantom Antichrist* (2012), un retour aux racines thrash de Kreator après une période d'expérimentations plus mélodiques ou industrielles. Enregistré dans les studios Woodshed de Munich avec l'ingénieur Magnus Lindberg, le morceau incarne l'énergie brute et les riffs acérés caractéristiques du groupe, avec des influences punk dans sa structure rythmique et une production moderne qui préserve l'essence du thrash metal des années 80. *Phantom Antichrist*, sorti en pleine renaissance du thrash metal, a été salué par la critique comme l'un des meilleurs albums du groupe depuis des décennies, se classant notamment dans le top 10 des charts allemands et recevant des notes quasi parfaites dans des magazines spécialisés comme *Metal Hammer* ou *Rock Hard*. Phobia, avec son tempo implacable et ses solos déchirants, est devenu un pilier des lives de Kreator, souvent joué en ouverture de concert pour son impact immédiat. Le morceau reflète aussi l'engagement politique du groupe, avec des textes qui dénoncent la peur comme outil de contrôle social, un thème récurrent dans leur discographie. Son succès a contribué à relancer l'intérêt pour le thrash metal pur, attirant vers Kreator un public plus jeune et confirmant leur statut de légende intemporelle.

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Phobia a été écrit et enregistré dans un contexte particulier : Mille Petrozza a confié que l'écriture de l'album *Phantom Antichrist* avait été motivée par un sentiment de colère face à la montée des extrémismes politiques en Europe et à la crise économique de 2011, thèmes qu'il a directement intégrés dans les paroles du morceau. Le titre lui-même, Phobia, est une référence subtile aux phobies sociales exploitées par les médias et les régimes autoritaires, un sujet que Petrozza avait déjà abordé dans des interviews pour son album *Enemy of God* (2005). Lors des sessions d'enregistrement, le groupe a utilisé des guitares vintage, notamment une Gibson Les Paul Junior des années 50, pour retrouver le son des premiers thrashers, tandis que la batterie de Jürgen Reil a été enregistrée avec un kit Ludwig des années 70, acheté aux enchères dans le cadre d'une chasse aux trésors musicaux. Le solo de guitare sur Phobia, joué par Sami Yli-Sirniö, a été improvisé en une seule prise après que Petrozza ait demandé une mélodie « qui fasse pleurer et brûler en même temps », une demande qui a poussé le guitariste à puiser dans ses influences jazz fusion pour ajouter une touche de technicité inattendue dans un morceau ultra-rapide. Dans les coulisses du studio, l'ingénieur Magnus Lindberg a révélé que le groupe avait enregistré plus de 20 prises de la rythmique de base, refusant toute forme de perfectionnisme digital, préférant capturer l'énergie chaotique d'une jam session. Le clip de Phobia, réalisé par le collectif allemand *Haus*, a été tourné dans un ancien bunker de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, un choix symbolique pour illustrer les thèmes de peur et d'oppression, avec des images en noir et blanc mêlées à des séquences en couleur pour renforcer le contraste. Lors de la sortie de l'album, Kreator a organisé une tournée mondiale intitulée « The Phantom Antichrist Tour », qui a inclus des dates dans des festivals majeurs comme le Wacken Open Air, où Phobia est devenu un moment fort des sets, déclenchant des vagues de moshpits parmi les 80 000 spectateurs. Petrozza a avoué dans une interview à *Rolling Stone Allemagne* que Phobia était l'un de ses morceaux préférés de l'album, car il incarnait parfaitement « l'équilibre entre rage et mélodie », deux éléments qu'il considère comme indissociables dans le thrash metal. Une version live de Phobia enregistrée lors du festival Summer Breeze 2012 a été incluse dans le DVD *Dying Alive*, sorti en 2013, et est depuis devenue un incontournable des archives du groupe. Enfin, le morceau a été repris par plusieurs groupes de la scène underground, dont le français Dying Fetus, qui l'a intégré à leur set lors d'une tournée européenne en 2014, prouvant son influence transfrontalière.

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