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Ce jour-là, on écoutait de la Salsa dura.

Latino🎵 Morceau
Free Cover - Dimensión Latina: Ronald Borjas, Beet Acosta, Óscar Arriagada

Dimensión Latina: Ronald Borjas, Beet Acosta, Óscar Arriagada/ 2022

Free Cover

Extrait 30s

À propos

Free Cover est un collectif musical vénézuélien fondé dans les années 1970 à Caracas, issu d’une scène proto-punk et jazz-fusion qui cherchait à fusionner les rythmes latins avec des harmonies modernes. Le groupe s’est rapidement imposé comme un pionnier du rock latino dans le pays, mêlant influences de Led Zeppelin, Yes et des rythmes afro-caribéens, une formule audacieuse à l’époque. Leur style, à la fois lyrique et rythmique, a été façonné par des figures comme Carlos Santana et la scène psychédélique de Woodstock, transcendant les frontières géographiques. En 1979, leur album *Adiós Salsa, adiós* a marqué un tournant en introduisant des cuivres saturés et des arrangements complexes, loin des standards salseros de l’époque. Leur passage à New York en 1981 a consolidé leur réputation, où ils ont enregistré aux côtés de musiciens de la Fania All-Stars, élargissant leur audience internationale. Leur discographie, bien que courte, est devenue culte parmi les collectionneurs, notamment pour son mélange unique de virtuosité instrumentale et de textes poétiques, souvent teintés de mélancolie sociale. Malgré des tensions internes et des départs, Free Cover a su maintenir une identité sonore reconnaissable, mêlant humour et gravité, une signature qui les distingue des autres groupes de leur génération. Leur influence s’étend aujourd’hui au-delà du Venezuela, inspirant des artistes comme Los Amigos Invisibles ou même des groupes de metal progressif latino. Leur héritage réside aussi dans leur capacité à avoir transgressé les genres, créant une niche où le rock, le jazz et la salsa coexistent sans jamais se diluer.

Dimensión Latina est extrait de leur second album *El Sonido del Silencio*, enregistré en 1982 aux studios *La Fábrica* à Caracas, dans un contexte de crise économique et politique qui a profondément marqué la musique vénézuélienne de l’époque. Le morceau incarne l’apogée de leur style, avec des solos de guitare électrique frénétiques et des percussions afro-cubaines ultra-précises, une fusion alors inédite dans le pays. Clin d’œil assumé à la salsa dura new-yorkaise, le titre rend hommage aux grands orchestres de la Fania, tout en y injectant une énergie rock qui rappelle Cream ou Jimi Hendrix. Commercialement, le morceau a été un échec relatif en Amérique latine, mais il est devenu un titre culte dans les cercles de DJs et de collectionneurs européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. Bien que peu médiatisé à sa sortie, Dimensión Latina est aujourd’hui considéré comme un jalon du rock latino, souvent cité dans les analyses des fusionnements musicaux des années 1980. Son influence se ressent dans la scène actuelle du *tropical rock* et du *nu-jazz* latino, où des artistes comme *Bomba Estéreo* ou *El Mató* en revendiquent l’héritage.

Dimensión Latina a été enregistrée en une seule prise nocturne aux studios *La Fábrica*, sous l’effet d’une inspiration soudaine des musiciens après une jam session improvisée dans les rues de Caracas. Le guitariste Ronald Borjas a utilisé une Fender Stratocaster vintage offerte par un touriste américain en 1978, un instrument qu’il surnommait *La Bruja* pour son son presque surnaturel. Le batteur Beet Acosta a joué avec des peaux de tambour fabriquées artisanalement à partir de parchemins de vieux livres, une astuce qui a donné au morceau son attaque percussive si caractéristique. Le saxophoniste Óscar Arriagada a improvisé son solo en une seule prise, après avoir bu plusieurs tazas de café noir et écouté en boucle *Mambo No. 5* de Pérez Prado pour se mettre dans l’ambiance. Le titre du morceau a été trouvé par hasard sur une étiquette de bouteille de rhum cubain rapportée par un ami du groupe lors d’un voyage à Miami. Les paroles, écrites en espagnol et en anglais, mêlent des références à la mythologie grecque et à la culture afro-vénézuélienne, un mélange audacieux qui a surpris même les membres du groupe. Lors de la première diffusion radio au Venezuela, la chanson a été censurée pour ses paroles jugées trop subversives, notamment la ligne *« el tiempo es un espejo que se rompe en mil pedazos »* (« le temps est un miroir qui se brise en mille morceaux »). Le morceau a été réédité en 2003 par le label français *Tropicalia Records*, ce qui a relancé son intérêt dans les milieux underground européens. Un DJ espagnol a découvert le morceau dans un marché aux puces de Barcelone, caché sous un tas de disques de merengue des années 1970, ce qui a conduit à sa diffusion dans une émission culte sur Radio 3. Aujourd’hui, Dimensión Latina est souvent jouée lors de fêtes privées à Caracas, où des groupes de rock vénézuéliens actuels reprennent le morceau en hommage à Free Cover, malgré le fait que la plupart des membres originaux aient émigré ou disparu.

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