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JazzHard Bop🎵 Morceau
Retour vers le futur : 23 juillet 2026
Wes Montgomery - Four On Six

Four On Six/ 2006

Wes Montgomery

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Extrait 30s

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À propos

John Leslie « Wes » Montgomery, né le 6 mars 1923 à Indianapolis, incarne l'une des révolutions les plus discrètes et pourtant les plus profondes du jazz moderne. Autodidacte, il apprend la guitare en écoutant les disques de Charlie Christian, dont il reproduit les solos note pour note avant de forger un style inimitable, marqué par l'usage exclusif de son pouce pour gratter les cordes, une technique qui lui confère une sonorité chaude et enveloppante. Dans les années 1950, il se fait remarquer aux côtés des frères Monk et Buddy Montgomery, formant le groupe The Montgomery Brothers, avant de s'imposer en leader avec des albums comme *The Incredible Jazz Guitar of Wes Montgomery* (1960), qui redéfinit les standards du jazz guitaristique. Son approche mélodique, à la fois lyrique et rythmique, séduit autant les puristes que le grand public, faisant de lui l'un des rares jazzmen à percer dans les charts pop. Les années 1960 voient son ascension fulgurante, avec des collaborations prestigieuses, notamment avec le producteur Creed Taylor, qui l'oriente vers des arrangements plus accessibles sans jamais sacrifier sa virtuosité. Pourtant, derrière cette réussite se cache une personnalité humble et réservée, préférant les jam sessions intimistes aux projecteurs, ce qui ajoute à son aura mystérieuse. Sa mort prématurée en 1968, à seulement 45 ans, laisse le monde du jazz orphelin d'un génie en pleine maturité créative, mais son héritage perdure, influençant des générations de guitaristes, de Pat Metheny à George Benson. Aujourd’hui, Montgomery reste une figure tutélaire, symbole d’un jazz à la fois sophistiqué et profondément humain.

« Four On Six », extrait de l'album *The Incredible Jazz Guitar of Wes Montgomery* (1960), est un manifeste du hard bop, où Montgomery fusionne virtuosité technique et sens mélodique avec une élégance rare. Composé comme un blues en mineur sur une grille harmonique audacieuse, le morceau illustre son génie pour transformer des structures simples en paysages sonores riches, avec des lignes de guitare à la fois fluides et percutantes. Enregistré en pleine effervescence du jazz modal, il s'inscrit dans une période où les musiciens cherchent à se libérer des contraintes bebop tout en conservant une rigueur improvisative, un équilibre que Montgomery maîtrise à la perfection. Bien que moins connu que des titres comme « West Coast Blues », ce morceau est devenu un classique des jam sessions, étudié par les guitaristes pour son approche innovante de l'harmonie et du phrasé. L'accueil critique fut d'emblée enthousiaste, saluant sa capacité à marier complexité et accessibilité, une signature qui contribuera à élargir son audience au-delà des cercles jazz. Avec le recul, « Four On Six » apparaît comme un jalon essentiel dans sa discographie, préfigurant son évolution vers des projets plus ambitieux, comme *Smokin' at the Half Note* (1965).

La genèse de « Four On Six » révèle l'approche intuitive et presque improvisée de Montgomery en studio. Lors des sessions de *The Incredible Jazz Guitar*, il arrive souvent avec des idées à peine esquissées, laissant une large place à l'improvisation collective, une méthode qui surprend ses partenaires, habitués à des partitions plus structurées. Le titre lui-même est un clin d'œil à sa fascination pour les jeux de mots musicaux : « Four On Six » fait référence à une métrique où quatre notes sont jouées sur une pulsation à six temps, une astuce rythmique qui déroute et enchante les musiciens présents. Tommy Flanagan, le pianiste de la session, raconte que Montgomery a composé le thème en quelques minutes, comme s'il l'avait « entendu dans sa tête » depuis toujours, une anecdote qui illustre son don pour la mélodie instantanée. Le contrebassiste Percy Heath, habitué aux standards plus conventionnels, avouera plus tard avoir été désorienté par la grille harmonique du morceau, avant d'être emporté par l'énergie contagieuse de Montgomery. Une autre particularité réside dans l'absence de solo de piano ou de batterie dans la version originale, une décision audacieuse qui met en valeur la guitare comme instrument central, une rareté à l'époque. Les ingénieurs du son de Riverside Records, surpris par la qualité des prises, ont conservé plusieurs versions alternatives du morceau, dont certaines circulent aujourd'hui parmi les collectionneurs sous forme de bootlegs. Lors de sa sortie, « Four On Six » devient rapidement un tube des clubs de jazz, où les musiciens l'adoptent pour ses possibilités d'improvisation, au point de devenir un passage obligé des jam sessions new-yorkaises. Montgomery lui-même, pourtant peu enclin à se vanter, avouera dans une rare interview que ce morceau était l'un de ses préférés, car il « résumait tout ce qu'il aimait dans le jazz : la liberté, le swing et l'inattendu ». Aujourd'hui, des décennies après sa création, « Four On Six » reste un terrain de jeu pour les guitaristes, qui s'affrontent dans des duels improvisés sur sa grille, perpétuant ainsi l'esprit de spontanéité qui l'a vu naître.

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