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ÉlectroHip-Hop expérimental🎵 Morceau
Retour vers le futur : 22 juin 2026
Kojak - Bad Movies

Bad Movies/ 1999

Kojak

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Extrait 30s

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À propos

Kojak, de son vrai nom Thomas Parent, émerge au début des années 2010 comme une figure énigmatique du hip-hop français, mêlant introspection brute et production audacieuse. Originaire de Saint-Denis, il grandit entre les influences du rap conscient de la fin des années 1990 et les beats lo-fi des producteurs underground américains, façonnant un style à la fois sombre et mélodique. Son premier projet, *Dernier Round* (2012), le révèle comme un conteur des marges, avec des textes ciselés et une flow qui oscille entre rage et mélancolie. Collaborant avec des beatmakers comme DJ Weedim ou le collectif L'Entourage, il affine une esthétique où le sampling devient un langage à part entière, puisant dans le jazz, le soul et même la musique classique. *Mauvais Sang* (2015), son album le plus acclamé, marque un tournant avec des morceaux comme *Désolé* ou *Rue des Pâquerettes*, devenus des hymnes pour une génération en quête de sens. Son refus des codes commerciaux et son attachement à l'authenticité lui valent un culte parmi les puristes, tout en le tenant à distance des projecteurs médiatiques. En 2018, *Ultra* confirme son statut d'artiste incontournable, explorant des thèmes comme la dépression ou la quête de rédemption avec une honnêteté déconcertante. Aujourd'hui, Kojak incarne une voie alternative dans le rap français, où l'expérimentation sonore et la profondeur lyrique priment sur les tendances éphémères.

Bad Movies, extrait de l'album *Ultra* sorti en 2018, s'inscrit dans une période où Kojak explore les limites de son art, entre abstraction lyrique et production minimaliste. Le morceau se distingue par son beat épuré, construit autour d'un sample de piano répétitif et d'une basse sourde, créant une atmosphère cinématographique et oppressante. Dans la discographie de l'artiste, il représente une synthèse de ses obsessions : la solitude urbaine, les échecs personnels et une fascination pour les récits noirs, comme son titre l'évoque. Accueilli comme un chef-d'œuvre par la critique spécialisée, *Bad Movies* est salué pour sa capacité à mêler vulnérabilité et dureté, sans jamais tomber dans le pathos. Commercialement, il renforce la réputation de Kojak comme un artiste culte, loin des radars grand public mais adulé par une audience fidèle. Son influence se ressent dans le travail de jeunes rappeurs français, qui y voient une preuve que le hip-hop peut être à la fois brut et poétique.

Le sample de piano utilisé dans *Bad Movies* provient d'un morceau méconnu du compositeur italien Ennio Morricone, *The Ecstasy of Gold*, réinterprété de manière presque méconnaissable par le beatmaker de Kojak, DJ Weedim. Lors des sessions d'enregistrement, Kojak a insisté pour enregistrer ses couplets dans une pièce sans traitement acoustique, afin de capturer l'écho naturel d'un sous-sol parisien, ajoutant une dimension organique au morceau. Les paroles, écrites en une nuit sous l'effet d'une insomnie, s'inspirent d'un film de série B des années 1970 que l'artiste avait regardé en boucle pendant son adolescence. Le titre *Bad Movies* est un clin d'œil à la fois à ces films de genre et à sa propre perception de sa carrière, comme une succession de scènes mal jouées. Une version alternative du morceau, avec un featuring avorté du rappeur américain Earl Sweatshirt, a fuité en ligne en 2019, provoquant une frénésie parmi les fans. Kojak a révélé plus tard que les paroles contenaient une référence cryptée à un ami d'enfance décédé, que seuls quelques proches ont pu déceler. Lors d'un concert à La Cigale en 2018, il a interprété *Bad Movies* en playback, mais a soudainement coupé la musique pour rapper a cappella, créant un moment de tension électrique dans la salle. Le clip, réalisé par son frère, met en scène Kojak errant dans les couloirs d'un cinéma abandonné, une métaphore de sa propre quête artistique. Peu après la sortie de l'album, un fan a découvert que le rythme du morceau correspondait presque parfaitement à celui d'un battement de cœur humain au repos, une coïncidence que Kojak a qualifiée de « signe du destin ». Enfin, *Bad Movies* a été utilisé comme bande-son pour une scène clé du film *Les Misérables* (2019) de Ladj Ly, sans que l'artiste n'ait été consulté, ce qui a déclenché une polémique sur l'utilisation non autorisée de la musique dans le cinéma.