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Édition du 24 octobre

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Chanson française🎵 Morceau
Maxime Le Forestier - Le steak ou "Complainte de ceux qui ont le ventre vide, considérée comme une gaudriole par ceux qui ont le ventre plein"

Le steak ou "Complainte de ceux qui ont le ventre vide, considérée comme une gaudriole par ceux qui ont le ventre plein"/ 1998

Maxime Le Forestier

Extrait 30s

À propos

Fils d’un professeur de philosophie et d’une institutrice, Maxime Le Forestier naît en 1949 à Paris dans un milieu où la culture et la réflexion occupent une place centrale. Il se passionne très tôt pour la guitare, instrument qu’il maîtrise avec une précision quasi technique, influencé par les folk-singers américains comme Bob Dylan ou Joan Baez. Son style, à la fois poétique et engagé, se forge dans les cabarets parisiens des années 1970, où il se produit aux côtés de figures comme Georges Moustaki ou Félix Leclerc. En 1972, il écrit son premier succès, *Parachutiste*, suivi deux ans plus tard par *San Francisco*, qui le propulse au rang de star du folk français. Ses textes, souvent teintés d’humanisme et d’ironie, abordent des thèmes sociaux ou métaphysiques, ce qui lui vaut une réputation d’artiste à la fois populaire et intellectuel. Pendant près de vingt ans, il alterne les albums intimistes et les tournées sold-out, tout en cultivant une discrétion exemplaire, loin des excès de l’industrie musicale. Dans les années 1990, il se tourne vers la composition pour d’autres artistes et se consacre à l’enseignement de la guitare, sans jamais renier son héritage. Aujourd’hui, il reste une figure majeure de la chanson française, célébré pour son écriture ciselée et son engagement sans faille. Son influence s’étend bien au-delà de la scène francophone, inspirant des générations de musiciens à faire de la guitare un outil de révolte et de poésie.

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Sorti en 1976 sur l’album *Saltimbanque*, *Le Steak* est une satire mordante des inégalités sociales, écrite dans un contexte marqué par la crise pétrolière et les fractures économiques de l’après-Mai 68. Le morceau s’inscrit dans la lignée des chansons engagées de l’artiste, mais se distingue par son ton particulièrement acide et son humour noir, loin des clichés du folk militant. Avec une mélodie simple et répétitive, inspirée du blues et de la country, Le Forestier y dépeint avec ironie le décalage entre les préoccupations des nantis et celles des plus démunis. Le titre, qui joue sur l’absurdité d’un choix entre deux options insignifiantes pour les pauvres, devient un symbole de sa capacité à mêler trivialité et profondeur philosophique. Bien que moins commercial que ses précédents succès, *Saltimbanque* est salué par la critique pour sa cohérence et son audace, consolidant son statut d’auteur incontournable. Le morceau, souvent cité dans les anthologies de la chanson française, préfigure les thèmes chers à Le Forestier : la misère comme miroir des contradictions sociales.

Le titre original du morceau, *Complainte de ceux qui ont le ventre vide, considérée comme une gaudriole par ceux qui ont le ventre plein*, était si long que les maisons de disques refusèrent de l’inscrire sur la pochette, craignant d’effrayer le public. Le Forestier dut céder et opter pour le titre plus concis *Le Steak*, mais il garda l’intégralité du sous-titre dans les booklets des premières éditions vinyles. L’enregistrement eut lieu aux studios Pathé-Marconi à Boulogne-Billancourt, dans une ambiance tendue en raison des tensions politiques de l’époque, notamment après la victoire de la gauche aux législatives de 1973. Le Forestier, connu pour son perfectionnisme, exigea que la prise vocale soit enregistrée en un seul take, arguant que toute retouche trahirait l’émotion brute du texte. La guitare, jouée par l’artiste lui-même, fut accordée en *drop D* sur une vieille Martin D-28, un choix qui donne au morceau son caractère âpre et dépouillé. Lors de la première diffusion radio, certains programmateurs refusèrent de passer le titre, jugeant son message trop subversif pour les oreilles du grand public. Le Forestier expliqua plus tard que l’idée du morceau lui était venue après avoir lu un article sur les prix de la viande en 1975, où un boucher parisien justifiait une hausse des coûts en invoquant le pouvoir d’achat des classes moyennes. Le refrain, *

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