Paris Paloma a écrit Pyrrhus (you go where I cannot) en une nuit d'insomnie lors du premier confinement, inspirée par une légende grecque antique où Pyrrhus, roi d'Épire, refuse obstinément de se rendre malgré les défis insurmontables. Le titre du morceau fait référence à cette figure historique, symbolisant une forme de résilience inébranlable. Pour l'enregistrement, elle a utilisé un vieux piano désaccordé trouvé dans un grenier à Montmartre, instrument dont elle a joué avec une pédale d'effet qui donne au morceau sa texture onirique et légèrement désaccordée. Le professeur de grec ancien de son lycée lui a suggéré l'ajout des parenthèses avec la traduction anglaise, une idée qu'elle a immédiatement adoptée pour renforcer le dialogue entre les cultures. Lors des sessions d'enregistrement en studio, l'ingénieur du son a improvisé un effet de réverbération en faisant résonner les murs de la pièce avec des cordes en nylon, créant une atmosphère presque surnaturelle pour les voix. Le clip, tourné dans un ancien hôpital psychiatrique désaffecté de la région parisienne, a été réalisé par la photographe de mode Zoé Ghertman, qui a capturé Paloma en train de chanter parmi des miroirs brisés, une métaphore visuelle de la fragmentation identitaire. La chanson a été reprise par plusieurs artistes de la scène indie française lors de concerts intimistes, devenant un hymne underground avant même sa sortie officielle. Paris Paloma a révélé dans une interview avoir composé les paroles en partie sous l'influence d'un médicament contre la migraine, ce qui expliquerait leur caractère à la fois abstrait et profondément personnel. Le titre Pyrrhus est souvent mal compris par le public, certains y voyant une référence à la pyrite (minéral jaune brillant), alors qu'il s'agit bien d'une homonymie avec le roi antique. Lors d'un concert à La Cigale en 2022, un spectateur a hurlé 'Pyrrhus !' à la fin du morceau, déclenchant une standing ovation spontanée que l'artiste a qualifiée de 'mystérieuse et gratifiante'.